« Reconnaître et accueillir les multiples facettes du Prophète ﷺ constitue une grâce qu’Allah accorde à ceux qu’Il choisit parmi les croyants. Le verset 107 de la sourate Al‑Anbiyâ’ — « Et Nous ne t’avons envoyé qu’en miséricorde pour l’Univers » — laisse entrevoir cette présence subtile, diffuse et pourtant réelle dans l’Univers, témoignant d’une préexistence essentielle de sa réalité ﷺ. Lorsque nos âmes furent questionnées : « Ne suis‑je pas votre Seigneur ? » (7:172), laquelle d’entre elles était la plus disposée à répondre avec certitude, sinon celle éclairée par sa guidée ? Le hadith rapporté par Tirmidhî et Ahmad renforce cette idée : « J’étais prophète alors qu’Adam était entre l’argile et la forme. » Médite cela profondément.
Si l’être humain ne s’acharnait pas à vouloir enfermer, valider ou s’approprier la compréhension intime de tout ce qui touche au Prophète ﷺ à travers des écrits dépourvus de la lumière du Haqq et fondés sur les paroles de mortels, la communauté ne connaîtrait pas tant de troubles. Remettre en question un point relatif au Prophète, en dehors de son statut de Messager d’Allah, peut être envisageable ; mais déclencher des hostilités et taxer les autres d’égarés est un acte nuisible, qui ne profite à personne.
À propos de la célébration du Mawlid, il est établi que le Prophète ﷺ jeûnait les lundis et jeudis. Il expliqua ce choix en disant : « C’est le jour où je suis né et le jour où j’ai reçu la révélation… » (Muslim 1162). Ce propos révèle l’importance qu’il accordait au jour de sa venue au monde. Serions‑nous fautifs en accordant une importance aux premier jours du mois de sa naissance (rapporté comme étant l’intervalle dans lequel se trouve son jour de naissance )? D’autant plus qu’en jeûnant chaque lundi et jeudi, il accomplissait ces actes cultuels durant les douze premiers jours de ce même mois. Certains croyants parmi les rapprochés s’activent d’ailleurs d’accomplir quotidiennement des actes surérogatoires, dont les prières sur le Prophète ﷺ.
Ainsi, tout comme les manquements des musulmans n’altèrent pas la perfection de l’islam, certains comportements ne sauraient invalider le besoin profond et intemporel des croyants de se souvenir de leur bien‑aimé ﷺ, de se recueillir, de revisiter sa vie, d’envoyer des prières sur lui et de remercier Allah de les avoir fait membres de sa communauté. »
Sayyid Yussuf at-Tijānī

