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Les ablutions et les types d’eau – Une lecture spirituelle

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Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Que la paix et le salut soient sur notre maître, le Seigneur de l’existence, le réceptacle de l’Essence divine, celui qui a ouvert ce qui était clos et clos ce qui a précédé.

Nous rendons grâce à Allah, Subḥānahu wa Taʿālā, qui nous a accordé le privilège de nous connecter à Lui, au moins cinq fois par jour. En vérité, la prière est le pont entre la création (al-khalq) et la Réalité suprême (al-Ḥaqq).

Chaque jour, nous répétons au moins dix-sept fois dans la Fātiḥa : « Guide-nous sur le droit chemin ». Ce chemin n’est autre que l’accès à la Présence divine. La prière devient ainsi l’ascension vers cette Présence, le miʿrāj des cœurs.

L’existence, selon la sagesse des gnostiques, est structurée en cinq mondes : Ahūt, Lāhūt, Jabarūt, Malakūt et Nāsūt. La Présence divine absolue correspond au Ahūt, tandis que les quatre autres mondes représentent les degrés de la création. Le cheminement spirituel consiste à quitter le monde du Nāsūt (le monde matériel), pour gravir progressivement les degrés de l’âme jusqu’à atteindre le Ahūt.

Allah dit dans le Coran : « Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée… » (Sourate al-Fajr). L’âme apaisée (an-nafs al-muṭmaʾinna) est associée au monde du Lāhūt, dernier niveau de la création avant la Présence divine. Ainsi, la véritable prière – celle qui permet l’ascension – ne peut être accomplie que par une personne ayant atteint ce niveau de paix intérieure.

Si la prière est le passage du Lāhūt vers le Ahūt, alors les ablutions en sont le prérequis. Elles représentent la tarbiya, l’éducation spirituelle, qui purifie l’âme jusqu’à ce qu’elle devienne digne de cette ascension.

Mais pour que les ablutions soient valides, l’eau utilisée doit être à la fois pure et purifiante. En jurisprudence islamique, on distingue trois types d’eau :

L’eau impure, qui ne peut ni purifier ni être utilisée.
L’eau pure mais non purifiante, qui conserve sa propreté mais a perdu sa capacité de purifier.
L’eau pure et purifiante, celle qui seule permet d’accomplir des ablutions valides.

Cette classification symbolise également les différents types de maîtres spirituels :

Le maître n’ayant pas atteint l’âme apaisée : il est semblable à l’eau impure. Il ne peut se purifier lui-même, encore moins purifier autrui.
Le maître ayant atteint l’âme apaisée, mais dont les comportements sont encore teintés par les traces des âmes inférieures : il est pur intérieurement, mais ses actions ne lui permettent pas de guider efficacement. Il est comme l’eau pure mais non purifiante.
Le maître accompli, celui qui a atteint l’âme apaisée – ou au-delà –, libéré des séquelles de l’ego et des états inférieurs. Il est comparable à l’eau pure et purifiante. Seul ce maître est un véritable murshid, un guide capable d’élever les âmes.

Cheikh Ibrāhīm Niasse (qu’Allah l’agrée) nous dit dans Rūḥ al-Adab :

« Recherche un guide spirituel compétent, versé dans les sciences religieuses, généreux, dont le savoir est complet et qui soit un conducteur parfait. »

Ce vers souligne la nécessité de trouver une eau véritablement purifiante. Car sans ablutions, pas de prière, et sans guide, pas de tarbiya.

Nous prions Allah, Seigneur des mondes, de nous accorder une eau pure et purifiante, de nous permettre d’accomplir des ablutions parfaites et de nous ouvrir les portes de Sa Présence, par la baraka de notre bien-aimé Prophète Muḥammad ﷺ, et par la lumière de notre maître Sayyidī Aḥmad at-Tijānī (qu’Allah sanctifie son secret).

Sayyid Baba Wone — 18/04/2025

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