La reconnaissance est le centre autour duquel gravite toute œuvre pieuse. Selon Cheikh Tijānī, que Dieu l’agrée, elle est la porte menant à la Cour Divine, ainsi que le droit chemin sur lequel Satan est assis afin de l’obstruer, pour que les gens ne connaissent point la félicité.
Il dit : « Puis je les assaillerai de devant, de derrière, de leur droite et de leur gauche. Et, pour la plupart, Tu ne les trouveras pas reconnaissants. » (S. 7, v. 17). Et il n’a pas été démenti en cela par Allah. Il sait cela, car il est lui-même un connaissant d’Allah qui a été déchu et choisi comme émissaire pour les damnés. Il y a une grande sagesse en cela.
La reconnaissance est le moyen le plus sûr de pérenniser tout bien provenant du Seigneur.
« Si vous êtes reconnaissants, J’augmenterai certainement Mes biens pour vous. » (S. 14, v. 7).
Si le serviteur se tient constamment à cette porte, il finira par obtenir d’Allah la récompense suprême, c’est-à-dire Sa propre Essence, qu’Il dévoile au serviteur.
C’est pourquoi le jeûne est l’acte de reconnaissance par excellence, puisqu’il est privation et abstinence de tout autre qu’Allah, dans le fond comme dans la forme. En cela réside l’une des sagesses du jeûne du Prophète paix et bénédictions de Dieu sur lui les lundis, afin de « célébrer » le jour de sa propre naissance.
Allah a dit :
« Le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement. Donc, quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne ! Et quiconque est malade ou en voyage, alors qu’il jeûne un nombre égal d’autres jours. — Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas la difficulté pour vous, afin que vous en complétiez le nombre et que vous proclamiez la grandeur d’Allah pour vous avoir guidés, et afin que vous soyez reconnaissants ! »
Le verset qui rend obligatoire le jeûne est aussitôt suivi par celui qui parle de l’Essence Divine :
« Et quand Mes serviteurs t’interrogent sur Moi… alors Je suis tout proche : Je réponds à l’appel de celui qui Me prie quand il Me prie. Qu’ils répondent à Mon appel, et qu’ils croient en Moi, afin qu’ils soient bien guidés. »
Le sens du jeûne est celui de la pauvreté totale en Allah, ainsi que le retour à Lui. Il ressemble à l’état des êtres lumineux et des anges qui sont, eux, constamment dans la Présence Divine, dépendants entièrement de Lui.
Cet acte de reconnaissance, au début, est une prise de conscience et une constatation des largesses Divines dont on bénéficie, sans qu’on ait eu à demander quoi que ce soit, malgré nos nombreux défauts et imperfections. Et elle a pour finalité l’obtention de l’amour de l’Essence, qu’Allah n’accorde qu’à Ses serviteurs élus et privilégiés.
Qu’Allah nous compte parmi Ses rares serviteurs qui sont reconnaissants et qui donnent à chaque degré de l’existence son droit.
« Il n’y a que peu de Mes serviteurs qui sont reconnaissants. » (S. 34, v. 13)
Sayyid Almamy Ibrahim at-Tijānī

