Skip to main content

Nos épouses sont un dépôt qu’Allah nous a confié

les femmes sont un depot d'allah

Le mariage nous engage devant Allah. En accueillant une épouse dans notre vie, nous prenons une responsabilité qui touche à sa dignité, à ses droits, à sa sécurité et à la confiance qu’elle nous accorde. Se souvenir de cette responsabilité transforme notre manière de parler, d’écouter et de vivre ensemble.

Lors du pèlerinage d’adieu, le Prophète ﷺ rappela aux hommes : « Craignez Allah au sujet des femmes, car vous les avez prises sous la garantie d’Allah. »

Cette parole, rapportée dans le Ṣaḥīḥ Muslim (ḥadīth n° 1218a, traduction du sens), place la vie conjugale sous le regard d’Allah. Elle nous rappelle que notre comportement envers nos épouses engage notre conscience de croyants.

Nos épouses sont une responsabilité confiée à notre conscience. Cette confiance, cette amāna, appelle la fidélité, la justice et la miséricorde.

Une épouse possède une dignité que le mariage nous oblige à respecter. Elle a une histoire, une sensibilité, des aspirations et une relation personnelle avec son Seigneur. Elle mérite d’être écoutée, considérée et traitée avec égards. Prendre soin de ce dépôt signifie honorer la personne qui partage notre existence.

Allah nous donne une orientation claire : « Et comportez-vous convenablement envers elles. » (Coran 4, 19).

Cette prescription concerne toute la vie commune : les paroles prononcées dans l’intimité, les décisions prises ensemble, la manière de traverser les désaccords et l’attention portée aux besoins de l’autre.

Il est facile d’être aimable lorsque tout nous satisfait. La qualité de notre comportement apparaît aussi lorsque nous sommes fatigués, contrariés ou incompris. C’est alors que nous devons surveiller notre langue, contenir notre colère et préserver la dignité de celle qui se tient devant nous.

Une parole humiliante peut laisser une blessure durable. Le mépris, les menaces et les reproches répétés peuvent rendre le foyer pesant pour celle qui devrait y trouver de la sécurité. Nous devons mesurer ce que nos paroles produisent dans son cœur. Être entendu ne nous dispense jamais d’être respectueux.

Notre cheminement spirituel se vérifie aussi dans notre foyer. Celui qui s’efforce de purifier son cœur doit examiner la manière dont il traite son épouse. La patience que nous enseignons, la douceur que nous admirons et la miséricorde que nous invoquons ont leur place dans les gestes ordinaires de la vie conjugale.

Écouter sans interrompre, reconnaître une erreur, demander pardon, remercier pour un effort ou apporter une aide concrète : ces gestes donnent une réalité à nos bonnes intentions. Ils demandent parfois de dépasser notre orgueil, de renoncer à avoir le dernier mot et d’accepter que notre épouse puisse nous faire voir ce que nous n’avions pas compris.

Le Coran présente le lien conjugal comme un signe d’Allah, un miracle, et évoque la tranquillité, l’affection et la miséricorde qu’Il place entre les époux — as-sakīna, al-mawadda et ar-raḥma. Ces qualités donnent au mariage une direction que nous devons entretenir chaque jour.

L’affection se nourrit de présence et d’attention. La miséricorde nous invite à tenir compte de la fatigue, de la fragilité et des difficultés de l’autre. La tranquillité grandit lorsque chacun peut parler sans craindre d’être ridiculisé ou blessé.

Nos épouses ont besoin que leurs efforts soient reconnus. La familiarité peut nous rendre inattentifs à ce qu’elles accomplissent quotidiennement. Nous nous habituons à leur présence, à leur soutien, à leurs gestes, jusqu’à oublier de les remercier. Pourtant, ce qui se répète chaque jour mérite aussi notre gratitude.

Prendre soin de son épouse demande donc une attention concrète : assumer ses responsabilités, tenir ses engagements, préserver son intimité, soutenir ses aspirations et lui accorder du temps. Dans le même discours prophétique, le devoir de pourvoir convenablement à la nourriture et au vêtement des épouses est explicitement rappelé.

La vie commune comporte des différences et des épreuves. Deux personnes peuvent s’aimer tout en ayant des besoins, des habitudes ou des manières de s’exprimer différents. Apprendre à se connaître exige du dialogue et de l’humilité. Chacun doit pouvoir reconnaître ses torts et contribuer à réparer ce qui a été blessé.

La patience doit s’accompagner de justice. Invoquer la religion pour faire taire une souffrance ou exiger que l’autre accepte l’humiliation trahit la responsabilité que nous prétendons exercer. Celui qui se souvient d’Allah doit commencer par interroger ses propres actes.

Demandons-nous donc avec sincérité : notre épouse trouve-t-elle auprès de nous de l’écoute et du respect ? Peut-elle nous confier une peine ? Reconnaissons-nous ses droits aussi attentivement que nous rappelons les nôtres ? Nos efforts pour nous améliorer sont-ils visibles dans sa vie quotidienne ?

Il y a des moments où nos épouses éprouvent de la fatigue, des douleurs ou un besoin plus grand de repos. Durant ces périodes, soyons attentifs à ce qu’elles traversent. Écoutons-les avec patience et apportons-leur le soutien dont elles ont besoin.

Pendant les menstrues, Allah les dispense de la prière et leur permet de rattraper plus tard les jours de jeûne obligatoire. Cet allègement nous invite à réfléchir à notre propre comportement : réduisons nos demandes, aidons-les davantage et préservons leur repos. Lorsque leurs forces diminuent, que notre attention et notre bienveillance augmentent.

Être clément envers son épouse, c’est comprendre sa fatigue, respecter sa sensibilité et veiller à ne pas ajouter une peine à celles qu’elle porte déjà. Une parole tendre, une aide spontanée, un petit cadeau, une petite surprise, une petite attention ou quelques instants d’écoute peuvent lui apporter beaucoup de réconfort.

Nos épouses sont un dépôt qu’Allah nous a confié. Honorons cette confiance en leur offrant un foyer où elles se sentent respectées, soutenues et en sécurité. Prendre soin du dépôt qu’Allah nous a confié se manifeste aussi dans ces gestes simples du quotidien.

— Sayyid ‘Abd ar-Razzāq Jibril

Laissez un commentaire